Est-ce qu’il t’arrive de te sentir plus irritable qu’avant ?
Est-ce que tu remarques que certaines choses que tu as tolérées pendant des années deviennent tout d’un coup insupportables ?
Par exemple :
- Des conversations auparavant qui ne te dérangeaient pas qui là deviennent irritantes ?
- Tu as moins de patience quand il y a du bruit ou du désordre autour de toi ou qu’on te fait sans cesse des demandes.
- Tu sens que ton seuil de tolérance est moins grand qu’avant.
Plusieurs femmes vivent davantage d’irritabilité dans le passage de la périménopause.
Et si cette irritabilité que tu ressens n’est pas quelque chose à calmer, à apaiser, à faire disparaître, et si elle avait quelque chose à te dire ?
Les émotions sont des messagères. L’irritabilité ne fait pas exception.
Aujourd’hui j’ai tout particulièrement envie d’explorer comment l’irritabilité que tu ressens peut-être peut avoir quelque chose à te dire. Que cette irritabilité n’est pas nécessairement à taire, mais à écouter.
Il y a de multiples facteurs qui peuvent t’amener à ressentir cette irritabilité. Regardons quelques-uns de ces facteurs ensemble.
Les hormones influencent notre humeur, notre sommeil, notre énergie… et plein d’autres choses !
L’irritabilité pourrait être en lien venir des changements que tu vis dans la durée de ton cycle menstruel.
Quand tu entres dans la 1ère phase de la périménopause, tu peux remarquer des changements dans ton cycle : il peut être parfois plus court, parfois plus long, avec un flux menstruel plus important (ou plus léger). Et peut-être qu’à ce moment, tu as des maux de tête ou des douleurs abdominales plus intenses qu’auparavant. Ces changements sont non négligeables et souvent imprévisibles et peuvent en eux même amener de l’irritabilité.
L’irritabilité peut aussi venir du manque de sommeil.
Les changements en lien avec le sommeil sont parmi les symptômes les plus fréquents à la périménopause… Tu as peut-être plus de difficultés à t’endormir… un sommeil fragmenté pendant lequel tu te réveilles plus souvent… ou encore peut-être que tu étais un oiseau de nuit et là fini les grasses matinées, tu te réveilles à 5h du matin. On va se le dire, le manque de sommeil impacte plusieurs aspects de ton bien-être. Mais que tu sois en périménopause ou non, un manque de sommeil peut certainement influencer ton humeur et te rendre plus irritable.
L’irritabilité peut aussi être reliée aux fluctuations hormonales.
Tout au long de la périménopause, les fluctuations hormonales deviennent plus imprévisibles. Comme on l’a vu dans un précédent texte (Je ne me reconnais plus), les estrogènes montent, descendent, comme des montagnes russes et ce parfois de façon importante.
Si je fais un lien avec les émotions, cette production d’estrogènes qui fluctue peut impacter ta sensibilité au stress, ta patience, ta résilience, ton humeur, ta motivation. Ça nourrir l’irritabilité…
Tu connais l’image des lunettes roses ?
Je fais un lien ici avec un des rôles de l’estrogènes. Les estrogènes jouent plusieurs rôles importants. Un de ces rôles est de favoriser le rapprochement social. Grâce aux estrogènes, on a tendance à être plus conciliantes, plus tournées vers les autres.
C’est d’ailleurs une attente ou une pression qui est mise sur les femmes : être là en priorité pour les autres, se faire passer en 2e.
Mais lorsque les hormones fluctuent davantage pendant la périménopause, certaines choses qu’on arrivait à ignorer, des moments où on était plus conciliante, deviennent soudainement beaucoup plus visibles. Les irritants du quotidien apparaissent au 1er plan.
Comme si avant on portait des lunettes roses et que maintenant, ces lunettes roses disparaissaient.
Bref tu vois comment l’irritabilité peut avoir plusieurs sources. J’aurais pu en nommer d’autres. Peut-être que tu en connais d’autres également.
L’irritabilité n’est pas toujours quelque chose à calmer. Parfois, c’est quelque chose à écouter.
Je me permets ici de te poser quelques questions, écoute-les, ressens-les. Peut-être même tu auras envie de prendre une pause pour y réfléchir et coucher sur papier ce qui monte en toi :
Et si l’irritabilité que tu ressens était le signal qu’il y a un écart entre la vie que tu vies présentement et ce qui est profondément vrai pour toi ?
Pause… respire…
Te sens-tu entière ? Cohérente? Alignée dans tes pensées, tes paroles et tes gestes ?
D’adaptation à affirmation
Pendant des années, il est possible que tu te sois adaptée à tous les rôles que tu as portés, que ce soit comme mère, conjointe, professionnelle. Il est possible que tu te sois beaucoup adaptée aux attentes et aux besoins des autres, et à toutes les attentes que la société a envers les femmes.
Et qu’à force de t’adapter tu te sois un peu éloignée de toi-même. Éloignée de ce qui est important pour toi.
Je me permets une petite parenthèse ici. J’ai une mini-série dans mon Patreon sur l’écoute des murmures intérieurs, qui peut te permettre de te reconnecter à toi, à porter attention à ce qui est vivant en toi. Si tu en sens l’élan, voici le lien .
Je parlais donc d’adaptation, et peut-être que tu sens qu’à force de t’adapter, tu t’es un peu éloignée de toi-même. Peut-être même que tu ne sais plus ce qui est vraiment important pour toi. Ou peut-être que tu le sais ce qui est important pour toi mais peut-être que tu sens que c’est loin de toi.
Je pense qu’une des invitations de la périménopause, c’est d’être à l’écoute de toi quand l’irritabilité se présente. Pour découvrir ce qui se cache derrière. Parce que l’irritabilité est complexe, plusieurs facteurs y contribuent. Mais il y a aussi cette invitation à comprendre peut-être, comment l’irritabilité cherche à te communiquer que tes besoins ne sont pas répondus ou que tu t’éloignes de certaines de tes valeurs.
La périménopause peut être déstabilisante. Ce passage est certainement complexe. Je pense qu’il peut aussi ouvrir des portes. C’est une invitation à revoir certaines priorités. À affirmer davantage tes limites. À écouter tes besoins. À te retrouver.
Pour lire le texte précédent : Quand ton corps te demande de ralentir : ralentir sans culpabilité à la périménopause

